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Ecouter les chapitres du jour sur le site Audio Bible IBG : 2 Rois 2 ; 2 Thessaloniciens 2 ; Daniel 6 ; Psaumes 112 – 113

L’histoire de Daniel dans la fosse aux lions (Daniel 6) nous met en présence d’un homme d’environ quatre-vingts ans, aussi fidèle à la fin de sa vie qu’au début. Quelques remarques sont de mise :

1° Malgré son âge avancé, les capacités administratives de Daniel et sa passion de l’intégrité font de lui un homme hautement valable pour un monarque relativement éclairé comme Darius. En revanche, ces mêmes vertus font de lui la cible de la jalousie d’hommes mesquins qui sont heureux de lancer une campagne de dénigrement pour provoquer sa perte. Ce n’est pas Nixon qui a inventé les magouilles ! Elles remontent à la Chute. Heureux l’homme dont la vie est si transparente, qui « était fidèle » et chez qui on ne trouvait « ni négligence, ni erreur » (v. 5). La seule façon de le détruire est de déclarer criminelles sa conduite et ses convictions chrétiennes.

2° Daniel sert de modèle et montre comment le chrétien peut servir un gouvernement qui n’a rien de chrétien. Il n’approuve nullement ceux qui fuient non seulement le péché mais également leur responsabilité d’exercer une bonne influence.

3° L’expression « la loi des Mèdes et des Perses qui ne peut être abrogée » (v. 9) était probablement un code d’honneur dans l’empire. Cette politique visait à décourager le favoritisme, les exceptions dues à la corruption et un pragmatisme trop dépendant des circonstances. Aucun système de lois ne peut pourtant garantir une justice cohérente. Des gens corrompus trouveront toujours le moyen de mettre à profit le système pour opprimer les autres et gravir les échelons du pouvoir. Mais ce slogan cache une réalité plus profonde. Historiquement, il y a toujours eu une tension entre la théorie de la loi positive, selon laquelle la seule loi qui doive être respectée est celle qui est promulguée par le gouvernement, et la théorie de la loi naturelle, dont les êtres humains peuvent découvrir certains fondements. Au nom de l’équité et de la justice, les tribunaux britanniques, jusqu’à tout récemment, ont parfois remplacé la loi positive par la loi naturelle lorsqu’il était manifeste qu’une injustice avait été commise. En Grande-Bretagne comme aux États-Unis, cette attitude se fait de plus en plus rare. En Grande-Bretagne, il faut obéir à ce que le Parlement décrète ; aux États-Unis, la parole qui fait loi est celle de la Cour Suprême. Dans ces deux exemples, la loi positive prévaut généralement, comme dans la Perse d’autrefois. Le problème devient de plus en plus ardu puisque les nations occidentales pensent avoir un rôle thérapeutique dans le monde ; elles définissent les « maladies » qu’il faut traiter et les « thérapies » qu’il faut appliquer. Cela entraîne une multiplication des injustices et des iniquités.

4° Dans la crise consécutive à l’application de cette loi injuste, Daniel reste conséquent avec lui-même ; il ne monte pas en épingle son indépendance et ne cache pas ses convictions et ses habitudes. Il confie à Dieu l’issue de cette épreuve, comme le fera Jésus plus tard par sa prière (« Que ta volonté soit faite ») et son exemple (Matthieu 6.10 ; 26.39). Nous ferions bien de nous inspirer d’un tel modèle de maturité.

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