1 Rois 16 ; Colossiens 3 ; Ézéchiel 46 ; Psaumes 102

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Le psaume 102 est parfois qualifié à tort de psaume de repentance. Il ressemble beaucoup plus au cri d’une personne qui ignore pourquoi elle souffre (comme Job). Au début, le chagrin est privé et personnel ; plus tard, il fait place à une préoccupation grandissante pour Sion. La découverte progressive de la gloire de Sion est lente. Cela souligne le contraste entre les « jours » du psalmiste, qui sont limités et s’évanouissent (v. 4), et les « années » du Tout-Puissant, qui ne finiront pas (v. 28).

Aujourd’hui, j’attire l’attention sur les derniers versets du psaume. Les lecteurs réguliers de la Bible reconnaîtront que les versets 26 à 28 sont cités dans Hébreux 1.10-12, où Dieu s’adresse au Messie et lui confère le statut divin. Nous pouvons évidemment nous demander comment l’auteur de l’Épître aux Hébreux a pu interpréter le texte de l’Ancien Testament de cette façon.

La réponse se fonde en partie sur le fait que le texte original hébreu de l’Ancien Testament ne comprenait que des consonnes. Les voyelles n’y figuraient pas. Elles furent ajoutées beaucoup plus tard ; à vrai dire, le système de voyelles le plus courant fut ajouté au texte hébreu vers l’an mille de l’ère chrétienne. Dans l’ensemble, cette vocalisation ne soulève aucun problème. Il arrive parfois, très rarement, que le texte vétérotestamentaire puisse prendre un autre sens avec des voyelles légèrement différentes. Dans le cas qui nous occupe, les consonnes ne sont absolument pas en cause. En revanche, la Septante, traduction grecque de l’Ancien Testament hébreu, indique comment les traducteurs ont compris l’hébreu ; dans ce passage, ils l’ont compris exactement comme l’auteur de l’Épître aux Hébreux. L’emplacement traditionnel des voyelles, dans les versets 24 et 25 se reflète dans la Bible à la Colombe. La pensée est parallèle à celle exprimée dans les versets 12 et 13. Toutefois, la Septante et l’Épître aux Hébreux comprennent les mêmes versets autrement : « Il lui répondit selon sa force : fais-moi connaître le petit nombre de mes jours. Ne me fais pas monter [ne me pousse pas à l’action] au milieu de mes jours ; tes années sont pour des générations sans fin. Au commencement, toi Seigneur, tu as fondé la terre ». Cette traduction entraîne la conséquence suivante : Dieu s’adresse au psalmiste comme si ce dernier était Seigneur et Créateur. C’est ainsi que l’Épître aux Hébreux comprend le passage. Dans cette perspective, tout le psaume est messianique et constitue un oracle, comme le psaume 110 (voir le volume 1, la méditation du 17 juin). Essayez de relire le psaume 102 dans cette optique ; une telle lecture est tout à fait possible. Comparez la manière dont Hébreux 1 se sert du psaume 45 (voir la méditation du 4 septembre) : le roi davidique est perçu comme Dieu, et cela se retrouve dans Hébreux 1. Même si la vocalisation hébraïque traditionnelle est juste, les conséquences tirées par Hébreux 1 peuvent également se justifier, bien qu’elles reposent sur d’autres considérations.

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