Soutenir l’Église persécutée

by FreeCreativeStuff on Pixabay

Début janvier, Portes Ouvertes publiait son nouvel index de la persécution des chrétiens dans le monde. Cette année encore les chiffres de la persécution de nos frères et sœurs dans le monde sont assez incroyables à lire. Le nombre de chrétiens mis à mort : 4 305. Le nombre d’Églises ciblées : 1 847 soit presque l’ensemble des églises du CNEF. Enfin, 1 chrétien sur 9 dans le monde est victime de fortes persécutions. Ces dernières touchent leur intégrité physique, leur capacité de participer librement à la vie civile, ou leur accès aux droits les plus fondamentaux.

Vous me direz peut-être que malheureusement, tout cela n’est pas nouveau. C’est vrai. Il est tout aussi tragique de penser qu’une telle persécution est loin d’être finie. L’année prochaine verra d’autres chiffres, d’autres histoires de violences, d’emprisonnements, et de mises à mort. Face à ces persécutions contre lesquelles nous n’avons pas vraiment d’influence… que dire ?

Le soutien fraternel : signe de la foi

En ce début d’année, nous devons nous rappeler que la persécution des chrétiens dans le monde, c’est la persécution de l’Église de Jésus-Christ. Mais ce n’est pas que cela. La persécution des chrétiens, c’est aussi la nôtre. En tous cas nous devrions le vivre comme cela. Après tout, c’est ce que Paul sous-entend assez clairement dans ce passage de sa lettre aux Romains : « Réjouissez-vous avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent. » (Romains 12.15) Nous pourrions dire d’une manière similaire : « Sentez-vous persécutés avec ceux qui sont persécutés. » Bien sûr, cela ne veut pas dire que nous vivons la persécution dans la vie de tous les jours. Cela demande quand même que nous nous sentions plus que concernés. Ce que Paul demande, ce n’est pas une sorte de curiosité ou de sympathie distante. Ce que Paul demande, c’est une totale empathie. Ce que Paul dit ici, c’est que nous devrions vivre comme si nous étions à la place de ces frères et sœurs.

Ce soutien fraternel n’est pas accessoire. Il fait au contraire partie intégrante de la foi chrétienne.  Il serait incroyablement impensable d’être indifférent aux violences dont sont victimes ceux qui partagent une même foi que nous. Eux qui sont notre famille spirituelle. D’ailleurs de telles persécutions ne devraient jamais avoir lieu, quelles que soient les personnes. Tous les êtres humains sont porteurs d’une dignité donnée par Dieu et porter atteinte à cette dernière, c’est indirectement porter atteinte au Créateur. La violence contre les chrétiens est une violence faite contre celui qui est venu pour les sauver, Jésus-Christ lui-même.

Dénoncer la persécution

Qu’est-ce que cela veut dire en pratique ? Nous pouvons imaginer plusieurs choses. Tout d’abord, nous devons faire tout ce que nous pouvons afin de sensibiliser toutes les Églises à la tragédie que vivent nos frères et sœurs en Christ. Même si nous ne devrions pas être indifférents à la persécution des chrétiens, nous pouvons facilement l’oublier. Cela ne signifie pas que nous sommes insensibles à ce qu’ils vivent. Mais nous savons tous que le rythme de la vie, l’ensemble de nos occupations quotidiennes et les soucis ordinaires peuvent renvoyer en arrière-plan la persécution de nos frères et sœurs. Nous devons chacun, avec l’aide de l’Esprit, prier ardemment pour que nous n’oublions pas nos frères et sœurs persécutés.

Beaucoup d’Églises ont un groupe « mission ». Ce dernier pourrait organiser des réunions de prières régulières consacrées à la persécution des chrétiens. Nous pouvons aussi participer à des actions plus concrètes (envoi de matériel, pétitions, etc.) Il est aussi possible d’utiliser la carte publiée par Portes Ouvertes, ou de recevoir chaque semaine une exhortation à prier pour un pays en particulier. Heureusement, les options ne manquent pas ! Chaque année est organisée un dimanche de l’Église persécutée. Beaucoup d’Églises se joignent à cette journée. Renforcer la connaissance de la persécution chrétienne peut aussi passer par là.

Un lobbying politique et social

Ensuite, nous ne devrions pas hésiter à sensibiliser nos contemporains à ce que vivent les chrétiens dans le monde. Dans une société qui dit défendre l’égalité et l’universalité des « droits de l’homme », nous pouvons demander au gouvernement d’être cohérent avec sa devise. Cela demande un certain courage. Cela demande aussi d’avoir en amont entretenu de bonnes relations avec les instances politiques. Ce sont de telles relations qui peuvent parfois être sollicitées afin de défendre des chrétiens persécutés dans le monde. Nous pouvons aussi faire entendre la voix de nos Églises lorsque, par nécessité commerciale, nos gouvernements ferment les yeux sur la persécution des chrétiens.

Faut-il alors parfois compromettre la position plutôt favorable des nos Églises afin de demander à notre gouvernement d’intervenir sur certains terrains dans le monde ? Il me semble que oui. Si nous en avons l’opportunité, nous devrions pouvoir, par les instances nationales qui représentent les Églises françaises, intervenir en faveur de nos frères et sœurs persécutés. Ceci fait aussi partie de notre témoignage. Nous sommes prêts à risquer notre confort et notre reconnaissance par soutien envers ceux qui sont notre famille. Par cela nous démontrons la radicalité de la grâce et de la communion que nous avons en Christ.

Prier. Toujours prier

Enfin, nous devons prier pour les chrétiens persécutés. Nous devons prier pour eux… sans cesse. Nous devons veiller à ne pas oublier que chaque jour ceux pour qui Christ est mort, sont privés de la liberté de vivre leur foi. Mais parce que persévérer dans la prière n’est pas facile, nous devons nous exhorter, nous encourager les uns les autres. Les premières Églises chrétiennes étaient souvent persécutées, mais nous voyons dans les lettres de Paul et de Pierre un sens très fort du soutien fraternel et de l’engagement à une prière fidèle. Dans le climat actuel de persécution des chrétiens, prier avec persévérance est aussi une signe de notre foi. Continuons donc à prier et à parler (et même dénoncer) de ces persécutions, dans l’attente que revienne  le Seigneur victorieux.

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