Cher ami, chère amie, si tu fais partie de ceux qui crient vers le Seigneur et aspirent à son réconfort, sache que tu n’es pas seul(e). Ta marche dans les ténèbres ne peut te cacher à celui qui est la Lumière du monde (Jean 8:12). Même lorsque tu ne peux pas sentir sa présence, Jésus reste avec toi jusqu’à la fin des temps (Matthieu 28:20), et rien -ni ta honte, ni ton désespoir, ni l’agonie de la dépression- ne peut te séparer de son amour (Romains 8:38-39).
Même si chaque heure peut sembler désespérée et chaque jour une épreuve douloureuse, la guérison est possible. Les conseils pratiques suivants peuvent t’aider à retrouver une plus grande plénitude. Garde à l’esprit que ces suggestions ne remplacent pas l’aide d’un professionnel.
Confie-toi en quelqu’un de confiance
Quand on se débat avec la dépression, on se sent souvent isolé. On craint que les autres ne puissent comprendre nos luttes et veuillent nous condamner pour notre incapacité à nous « relever par nos propres forces ». Ainsi, alors que nous avons soif de compagnie, notre honte nous réduit au silence.
Mais lorsque nous nous débattons dans l’obscurité, nous avons plus que jamais besoin de la main secourable de la fraternité. Même si la peur du rejet te hante, identifie les personnes en qui tu as confiance dans ton entourage et confie-leur tes difficultés. Le conseiller biblique Ed Welch donne le conseil suivant :
Dites à quelqu’un que vous êtes déprimé(e). C’est une petite étape risquée, mais réalisable. Vous aurez peut-être l’impression de sortir de votre cachette et de reconnaître quelque chose d’horrible ou de honteux. Mais parlez-en à quelqu’un. Si vous ne savez pas à qui vous confier, parlez-en à votre pasteur. Parmi les personnes qui ont répondu [à notre enquête sur la dépression], toutes ont répété le même refrain : « Ne vous isolez pas. Ne vous isolez pas ».
Partager honnêtement tes luttes aide les autres à mieux t’aimer et t’aide à rester engagé(e). Des personnes de confiance peuvent inclure la famille proche, un cher ami, un mentor, un conseiller ou (et de façon toute spéciale) l’Église. Le corps de Christ est conçu pour que nous portions les fardeaux les uns des autres (Gal. 6:2), ainsi prends contact avec ton pasteur ou les membres de ton Église qui peuvent pleurer à ton côté (Rom. 12:15).
Alors que tu dépeins ta souffrance en mots, invite d’autres à prier avec et pour toi. La prière privée peut sembler difficile, alors que des requêtes en notre faveur peuvent être un baume sur nos âmes chargées. Peu importe la personne que tu mets dans la confidence, sois franc(he) sur ce qui t’aide et ce qui rend tes journées plus difficiles. Permettre aux autres d’être présents à tes côtés sans prétendre que tout va bien peut te donner la liberté de guérir.
Cherche (et accepte) de l’aide
La dépression est bien plus grave qu’une simple humeur maussade, et la première étape pour te débarrasser de cette ombre et retrouver ta joie de vivre consiste à reconnaître que tu as besoin d’aide. Tu ne peux pas surmonter cette épreuve seul(e).
La première étape pour obtenir de l’aide en cas de dépression est de consulter ton médecin traitant, mais cela ne doit pas être la dernière. Si c’est au médecin de déterminer si un antidépresseur peut t’aider, il est essentiel d’associer tout traitement médicamenteux à un accompagnement psychologique.
Ton médecin peut t’orienter vers un psychiatre ou un psychologue clinicien, ou tu peux rechercher un conseiller chrétien grâce à diverses ressources en ligne telles que le Centre de Counseling Biblique de Genève, la Fondation du Counseling Biblique ou l’association La Boussole.
Si tu fais partie de ceux qui crient vers le Seigneur et aspirent à son réconfort, sache que tu n’es pas seul(e). Ta marche dans les ténèbres ne peut te cacher à celui qui est la Lumière du monde.
Si un médecin recommande des antidépresseurs, ne considère pas cela comme une faillite. De telles médications peuvent être un composant essentiel de la restauration, particulièrement quand elles sont combinées avec du counseling. Même si sortir de chez toi pour un rendez-vous peut te sembler impossible à certains moments, vise à continuer ta thérapie aussi bien que possible.
Si tu ne t’entends pas avec le premier conseiller que tu consultes ou si tu ne parviens pas à lui faire confiance, cherche un autre thérapeute plutôt que d’abandonner complètement le traitement. Demande à un ami de confiance de t’aider à rechercher d’autres options et de te conduire à tes rendez-vous. Appuie-toi sur tes proches pour alléger ton fardeau et t’aider à rester motivé(e) lorsque ta motivation est au plus bas.
Concentre-toi sur la prochaine chose à faire
La dépression semble être un bourbier d’absurdité, mais une discipline quotidienne peut t’aider à aller de l’avant même lorsque ton esprit et ton corps veulent abandonner. Elisabeth Elliot, une missionnaire qui connaissait bien la souffrance, s’appuyait sur un vieux poème saxon pour l’inciter à « faire la chose suivante » :
Fais-la immédiatement ; fais-la en priant ;
Fais-la avec confiance, en abandonnant tout souci ;
Fais-la avec révérence, en suivant la main de Celui
Qui l’a placée devant toi avec un ordre sincère.
Demeure sous l’omnipotence, en sécurité sous son aile,
Laisse tous les résultats, fais la chose suivante.
Faire la chose suivante peut être une bouée de sauvetage dans la dépression. La chose suivante n’a pas besoin d’être importante. Il peut s’agir de la seule tâche que ton esprit peut accomplir dans un cas donné : sortir du lit, préparer le déjeuner, appeler un ami, faire une promenade ou aller au travail en voiture.
Dans son livre sur le deuil, Clarissa Moll [NDT : Clarissa s’est retrouvée seule avec 4 enfants suite au décès accidentel de son mari] reformule les routines quotidiennes « manger, dormir, faire de l’exercice » en « se nourrir, se reposer, bouger ». Les mots ont le même sens, mais ceux qu’elle utilise peuvent sembler moins intimidants pour un cœur fatigué. Lorsque des tâches simples semblent ardues, ne te concentre pas sur les responsabilités qui t’attendent, mais uniquement sur la prochaine étape : se nourrir, se reposer, bouger. Répète. Dans la mesure du possible, intègre ces éléments à tes routines afin de conserver ton énergie et de limiter le poids des décisions quotidiennes.
Incline-toi dans la prière
La dépression brouille la concentration. Nous pouvons aspirer à la Parole de Dieu, mais nos yeux glissent sur des versets familiers sans les comprendre. Notre cœur crie à l’aide, mais nous ne parvenons pas à organiser notre angoisse en une prière cohérente.
Les psaumes sont source de vie dans ces moments-là. Lorsque tu te sens bien, marque dans ta Bible les psaumes auxquels tu pourras te référer lorsque le brouillard de la dépression obscurcira à nouveau tes pensées. Lorsque tu sombres dans les profondeurs, laisse les psaumes ancrer tes prières. Récite-les comme s’il s’agissait de tes propres mots.
Si un médecin recommande des antidépresseurs, ne considère pas cela comme une faillite. De telles médications peuvent être un composant essentiel de la restauration, particulièrement quand elles sont combinées avec du counseling.
Si l’Esprit t’y pousse, ajoute tes propres paroles de lamentation, en répandant tes soucis devant Dieu. Élève tes prières même si elles se réduisent à quelques phrases comme : « Seigneur, aie pitié de moi », « Père, aide-moi ». Dieu entend nos prières (1 Jean 5:15), et lorsque nos propres mots nous manquent, l’Esprit parle en notre nom « par des soupirs que les mots ne peuvent exprimer » (Romains 8:26).
Ma prière est que lorsque le découragement s’installe et que la vie semble insupportable, le corps du Christ t’offre un verre d’eau fraîche et que tu trouves l’espoir en Dieu, même si ce n’est qu’à travers de brefs aperçus au début. Lorsque les membres de l’Église se soutiennent mutuellement avec le message de la grâce de Dieu et que nous nous attachons les uns aux autres comme des frères et sœurs, nous pouvons chasser la solitude.
Après tout, notre espérance n’est pas fondée sur l’ouvrage de nos pauvres mains mais sur Christ, en qui Dieu manifeste son amour, sa miséricorde et son pardon sans limite. Et quand nous rencontrons cet amour, des éclats de lumière pénètrent les ténèbres.
Cet article est une adaptation de What Does Depression Mean for My Faith? par Kathryn Butler (TGC/Crossway, May 2024). On peut se le procurer par le TGC Bookstore ou Amazon.

