Conférence "Malachie, le maitre de l'univers à un message pour vous" à Strasbourg les 21 et 22 octobre

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De temps à autre, les pasteurs entendent des membres de l’église ou d’autres responsables d’église leur dire qu’ils doivent rester en dehors de la « politique » ou des « questions sociales » et « se contenter de prêcher l’Évangile ». Restez dans votre domaine. Concentrez-vous sur l’essentiel – ce qui, selon Paul, est « de première importance ». Ne perdez pas de vue le message central du Christianisme. Ne vous laissez pas distraire par les propositions politiques et l’activisme social.

J’ai réfléchi un moment à ce conseil communément formulé. Et je me suis rendu compte du fait qu’il y a des façons dont « prêcher seulement l’Évangile » peut être à la fois bon et mauvais.

Ce qui est bon

Dans le meilleur des cas, cette admonition évoque le danger réel et toujours présent de mettre l’accent sur quelque chose de moins central que l’Évangile et de reléguer au second plan le seul et unique message au monde ayant le pouvoir de changer le cœur humain.

Le malin fait des heures supplémentaires pour écarter la croix et la résurrection de Jésus du centre de la prédication de tout pasteur, remplaçant la bonne nouvelle par de bons conseils ou le recours à de l’auto-assistance inspirante. Si c’est une cause qui remplace la croix, même une bonne cause, alors qu’il en soit ainsi ! Tant que la croix n’est plus au centre et qu’elle est diminuée.

Il n’est pas difficile de trouver des prédicateurs qui pontifient sur toutes sortes de questions et dont les sermons ressemblent à des commentaires courants sur la politique et la culture, avec un peu de Bible parsemée ici et là. Et, pire encore, il n’est pas difficile de trouver des congrégations qui veulent ce genre de prédication, préférant être temporairement inspirées ou politiquement informées plutôt que confrontées à la croix sanglante du Christ et réconfortées par elle.

L’ordre que Paul adresse à Timothée de prêcher l’Évangile en temps et hors de temps signifie que nous devons rejeter la tentation de satisfaire à la demande des gens qui souhaitent avoir des commentaires sur tous les sujets qui existent sous le soleil, comme si le but du sermon était de fournir une justification biblique aux activités terrestres. Nous sommes des prédicateurs, pas des experts.

Ce qui est mauvais

Dans le meilleur des cas, « ne prêcher que l’Évangile » sert d’avertissement nécessaire pour que nous restions attachés au message central du Christianisme. Au pire, cela signifie : « ne touche pas à mon idole ».

Trop souvent, le commandement de « se contenter de prêcher l’Évangile » porte moins sur l’Évangile que sur le sujet à éviter. « Prêchez seulement l’Évangile » signifie « ne parlez pas de race ». Ou « ne mentionnez pas l’avortement ». Ou « gardez-vous de parler de sexualité ». Ou « ne vous concentrez pas sur les immigrants ». Dans ces cas, « prêchez seulement l’Évangile » ne signifie pas qu’il faut garder la croix, et non une cause, au centre de l’église ; c’est une mise en garde contre le fait de placer la « mauvaise » cause au centre, et bien sûr, la « mauvaise cause » est ce qui provoque un malaise dans la congrégation.

Bien entendu, ceux qui admonestent un prédicateur de se concentrer sur l’Évangile pensent qu’ils le font pour le bien et non pour le mal. Ils pensent que leur désir est fondé bibliquement ils désirent réellement que le pasteur s’en tienne à : « Ainsi parle le Seigneur » au lieu de s’égarer dans le territoire : « Voici ce que votre pasteur pense de tout. »

Mais le signe révélateur du fait que « se concentrer sur l’Évangile » signifie quelque chose de plus est lorsque le commandement vient de quelqu’un dont l’attention semble accaparée par tout sauf par l’Évangile. L’ironie est grande lorsque quelqu’un, qui dit à tous les autres de se concentrer principalement sur l’Évangile, possède un compte Twitter ou Facebook rempli de politique ou d’activisme social de toutes sortes. Dans ce cas, le sens est clair : « prêchez seulement l’Évangile » signifie : « s’il vous plaît, prêchez ma ligne politique ».

Alors oui, prêchez l’Évangile

L’Évangile est ce qui fait la différence entre le Christianisme et toute autre religion. L’Évangile est la source du changement de vie. Il est la puissance pour transformer le monde. Les mouvements humains viennent et passent. Les partis politiques apparaissent et s’écroulent. L’Évangile de Christ crucifié et ressuscité est la puissance de Dieu pour le salut. Aussi, oui, ne prêchez que lui !

Alors, tandis que vous faites cela, assurez-vous que vous offrez l’Évangile comme la solution pour toutes sortes de péchés, et non simplement pour ceux dont votre congrégation préfère que vous parliez. Ne vous reposez pas sur « la prédication de l’Évangile » comme une façon de garder le silence sur les questions controversées. L’Évangile ne laisse aucune idole intacte.

Et tandis que vous prêchez, assurez-vous que vous exposez les implications de l’Évangile, qui se répercutent dans tous les domaines de la vie. L’Évangile de l’œuvre du Christ en notre faveur conduit à nos bonnes œuvres en faveur du monde.

Tel est le défi que doit relever le prédicateur d’aujourd’hui : garder la croix au centre et prêcher tout le conseil de Dieu.

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