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Alors qu’il était traité pour la COVID-19, le président Trump a pris des traitements expérimentaux COVID-19 qui ont été passés au peigne fin parce que leur développement incluait des tests utilisant des cellules de tissus qui pourraient provenir de fœtus avortés. Plusieurs vaccins potentiels contre le Coronavirus, dont deux vaccins prometteurs produits par Pfizer et Moderna, ont, durant les tests, utilisé la même lignée cellulaire.

Voici ce que vous devriez savoir sur les cellules de tissu fœtal et sur les préoccupations éthiques liées à leur utilisation dans le développement des thérapies et des vaccins.

Que sont les cellules de tissus fœtaux et comment sont-elles utilisées ?

Un fœtus humain (mot latin pour « progéniture ») correspond à l’étape du développement humain qui va du stade de l’embryon (la fin de la huitième semaine après la conception, quand les structures principales ont été formées) à la naissance. Lorsque le fœtus meurt, soit naturellement, soit à la suite d’un avortement volontaire, les tissus (y compris les organes intacts) peuvent être légalement donnés à des fins de recherche.

Les tissus fœtaux peuvent être utilisés dans la recherche biomédicale en guise de matériau de transplantation et pour d’autres fins, bien qu’ils soient plus souvent liés à la création de lignées cellulaires « immortalisées ». Les lignées cellulaires immortalisées sont établies en cultivant des cellules fœtales  de telle sorte qu’elles continuent à croître et à se multiplier indéfiniment dans des boîtes de laboratoire. Ces cellules peuvent ensuite être utilisées pour des activités telles que le contrôle de la capacité d’un médicament à endommager le matériel génétique ou pour tester les effets d’une infection virale spécifique.

Bien que les lignées cellulaires immortalisées aient pour point de départ des cellules fœtales, elles ne contiennent plus de parties du corps fœtal, et il ne reste plus de tissu fœtal. Il ne reste aucune cellule du tissu fœtal d’origine, donc elles ne sont pas elles-mêmes des « cellules fœtales ».

Le tissu fœtal – obtenu de manière éthique ou non – est utilisé pour développer des vaccins qui sauvent des vies  et des traitements thérapeutiques pour des maladies telles que le cancer. Par exemple, le prix Nobel de médecine de 1954 a été décerné pour un vaccin contre la polio développé à partir de cellules fœtales rénales. Les cellules fœtales ont également été utilisées dans la production d’un vaccin contre la rougeole largement diffusé. Dans les deux cas, les tissus ont été obtenus à partir d’avortements spontanés et de grossesses extra-utérines. Les cellules de fœtus avortés ont cependant été utilisées dans un certain nombre de vaccins plus récents contre la varicelle, l’hépatite, la rougeole, les oreillons, la poliomyélite, la rage, la rubéole et la variole. Les tissus fœtaux provenant de fœtus avortés ont également été utilisés dans des produits cosmétiques et des crèmes anti-âge.

Comme le dit  Nicholas Evans, bioéthicien à l’université du Massachusetts Lowell : « Il y a de fortes chances que si vous avez subi une intervention médicale dans ce pays ou dans à peu près n’importe quel autre pays, vous ayez, d’une manière ou d’une autre, bénéficié de l’utilisation de ces lignées cellulaires ».

Des cellules fœtales ont-elles été utilisées dans le traitement que le président Trump a pris contre la COVID ?

Le président Trump a reçu un cocktail expérimental d’anticorps, appelé REGN-COV2, qui est fabriqué par Regeneron Pharmaceuticals. Regeneron a précisé que la société a testé l’efficacité du REGN-COV2 en créant un « pseudo-virus » imitant le vrai. Un élément du pseudo-virus est une lignée cellulaire connue sous le nom de HEK293T.

HEK293T est une lignée cellulaire immortalisée largement utilisée. Cette dernière a été fabriquée à partir de tissu fœtal acquis aux Pays-Bas dans les années 1970. Les documents relatifs aux origines de HEK293T ont été perdus, on ne sait donc pas si le tissu provenait d’une fausse-couche spontanée ou d’un avortement volontaire.

Là encore, il est important de faire la distinction entre les « cellules du tissu fœtal » et les « cellules issues d’une longue chaîne provenant de cellules du tissu fœtal ». Les HEK293T étaient dérivées de cellules provenant de tissus fœtaux, mais la lignée cellulaire ne contient plus de cellules de tissus fœtaux.

Des cellules dérivées de cellules fœtales ont-elles été utilisées dans la création des vaccins COVID-19 ?

En plus de l’utilisation sur REGN-COV2, au moins cinq des candidats vaccins COVID-19 développés en Amérique utilisent des cellules provenant de cellules HEK293T ou PER.C6, une lignée cellulaire développée à partir de cellules rétiniennes d’un fœtus de 18 semaines avorté en 1985.

Les vaccins de Pfizer et Moderna ont utilisé des cellules HEK293T dans le processus d’essai.

Est-il immoral d’utiliser des traitements et des vaccins développés via l’utilisation de cellules provenant de fœtus avortés ?

Une façon courante d’aborder cette question est de déterminer quel type de coopération est entrepris dans l’acte néfaste de l’avortement. Dans la coopération dans le mal, le coopérateur contribue d’une manière ou d’une autre à l’action illicite de l’agent principal, soit par une coopération formelle, soit par une coopération matérielle.

La coopération formelle se produit lorsqu’une personne coopère à l’action immorale d’une autre personne, en partageant l’intention malveillante de cette dernière, tandis que la coopération matérielle se produit lorsque la personne coopère à l’action immorale d’une autre personne, sans partager l’intention malveillante. Alors que la coopération formelle est toujours mauvaise, la détermination de la coopération matérielle dépend d’autres facteurs supplémentaires.

Par exemple, si l’avortement a été pratiqué dans le but de prélever des tissus qui seront utilisés pour créer une lignée cellulaire, il est clairement immoral. Mais dans le cas de HEK293T, même si un avortement a eu lieu, il n’a pas été effectué pour cette raison, et le tissu n’a été acquis à des fins de recherche médicale qu‘après la mort de l’enfant, causée pour d’autres raisons. Cela a des conséquences significatives pour déterminer si une telle recherche est licite ou immorale.

Pour déterminer la moralité de l’utilisation des cellules, il est utile de la comparer à une autre situation : l’utilisation des organes d’une personne qui a été assassinée. Si un médecin proposait de greffer sur un chrétien le rein ou le cœur de la victime d’un meurtre, nous n’aurions probablement aucune objection. La principale préoccupation serait de savoir si la victime avait consenti au don d’organes avant sa mort.

La plupart des éthiciens chrétiens s’accordent sur le fait que le don de tissus fœtaux n’est pas intrinsèquement contraire à l’éthique si les tissus ont été obtenus à la suite d’un avortement spontané (fausse couche) ou d’une grossesse extra-utérine (grossesse dans laquelle le fœtus s’implante dans la trompe de Fallope au lieu de l’utérus) et qu’ils ont été donnés volontairement par le parent. De tels dons seraient similaires à l’acceptation, par un parent, de donner les organes d’un nourrisson ou d’un enfant mort de causes naturelles.

Le don de tissu fœtal peut cependant être moralement entaché lorsque le tissu est issu d’un fœtus qui a été tué dans l’utérus. Autoriser et excuser de tels dons de tissus issus de l’avortement nous rendrait indirectement moralement complices de l’acte d’avortement et donnerait le sentiment que nous approuvons le régime en cours qui autorise le meurtre des fœtus.

Cela soulève la question de savoir si l’utilisation de cellules provenant de HEK293T encouragerait ainsi l’avortement à ces fins. Bien que les chrétiens pro-vie puissent ne pas être d’accord sur la façon de répondre à cette question, il ne semble pas y avoir de raison de s’inquiéter outre mesure au sujet de la « pente glissante » des meurtres d’enfants destinés à augmenter le nombre de lignées cellulaires de tissus fœtaux. La raison en est qu’il n’est absolument pas nécessaire de créer de nouvelles lignées cellulaires à partir d’enfants avortés. Comme l’explique  le révérend Nicanor Pier Giorgio Austriaco, un chercheur biomédical catholique :

. . . HEK293 est une lignée cellulaire établie. Cela signifie que ces cellules sont utilisées et étudiées par les biologistes depuis près d’un demi-siècle. Elles sont bien caractérisées et leur sécurité a été validée. Je le souligne parce que cela permet d’expliquer pourquoi il est inouï pour un fabricant de vaccins de rechercher de nouvelles cellules fœtales humaines provenant d’un récent avortement. Ces nouvelles cellules fœtales ne seraient pas caractérisées, elles ne seraient pas non plus validées ni approuvées par des organismes de réglementation comme la Food and Drug Administration (FDA) américaine pour la production de vaccins humains. Pourquoi perdre du temps, des efforts et de l’argent pour obtenir, caractériser et valider de nouvelles cellules fœtales humaines alors que les lignées cellulaires fœtales classiques obtenues il y a plusieurs décennies, comme HEK293, sont prêtes et peu coûteuses ?

Actuellement, l’utilisation dans la recherche biomédicale de lignées cellulaires immortalisées provenant de tissus fœtaux n’augmente pas le nombre d’avortements pratiqués chaque année. S’il y avait toutefois des preuves que c’était le cas, cela changerait le calcul moral.

La question qui demeure est de savoir si le fait d’accepter l’utilisation des cellules HEK293T serait potentiellement une coopération avec le meurtre de l’enfant dans les années 1970. Pour un certain nombre de raisons, de nombreux bioéthiciens chrétiens, si ce n’est la plupart, affirmeraient que ce n’est pas le cas (en supposant qu’un avortement ait même eu lieu). La raison principale étant que cette situation est moralement analogue au cas de la victime du meurtre/donneur d’organe. Personne ne dirait que le chrétien qui a reçu l’organe est moralement responsable du meurtre, de quelque façon que ce soit.

C’est pour cette raison que les chrétiens ne sont pas moralement coupables s’ils utilisent des traitements et des vaccins qui ont été développés à l’aide de telles cellules, même si les cellules provenaient de tissus fœtaux avortés. Comme le dit  David Prentice, vice-président et directeur de recherche de l’Institut (pro-vie) Charlotte Lozier : « Nous préférerions qu’ils n’utilisent pas la lignée cellulaire controversée, même pour les tests, car il existe d’autres alternatives. Mais ces tests secondaires ne m’affectent pas en ce qui concerne le receveur du médicament ». L’éthicien Christopher O. Tollefsen ajoute  : « Parce que les chercheurs peuvent éthiquement utiliser les lignées cellulaires HEK pour développer des vaccins, les gens peuvent bien sûr éthiquement utiliser un vaccin s’il est développé à partir des lignées cellulaires HEK ».

Voyez aussi: The FAQs: What Christians Should Know About Vaccines  (Les FAQ : ce que les chrétiens devraient savoir au sujet des vaccins)

Note de l'éditeur : 

Nous vous signalons l’avis opposé de John Piper dans cet article (En anglais) : Can I Take a Vaccine Made from Aborted Babies?

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