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Je suis certain que les généalogies de la Bible sont vos passages préférés. Après tout, qui n’est pas fan d’une lecture aussi remplie d’action et de suspense que celle-ci : « Fils de Qenaz : Otniel et Seraya. Fils d’Otniel : Hatath et Meonotaï (qui) engendra Ophra. Seraya engendra Joab, père de la Vallée-des-Artisans ; car ils étaient artisans. Fils de Caleb, fils de Yephounné : Irou, Éla et Naam, et les fils d’Éla, et Qenaz. Fils de Yehalléleél : Ziph, Zipha, Tirya et Asareel. » (1 Chro 4.13-14)

Lecture difficile surtout si vous êtes un lève-tôt qui prend sa Bible dès le réveil. Ce n’est pas la seule généalogie de la Bible, loin de là ! L’Écriture en est parsemée. Il serait facile de tourner les pages. Après tout, que peuvent nous apprendre des listes de noms ? À la rigueur, lisons la généalogie de Jésus. Pour le reste, que perdons-nous ?

Pourtant, tout texte de l’Écriture a une valeur et une importance, le Seigneur ne faisant rien sans raison. Si nous croyons que la Bible est une parole de Dieu révélée aux Hommes à travers des Hommes, alors toute Parole de Dieu est importante. Même les généalogies.

La généalogie d’Esaü

Je ne vais pas copier tout le texte ici de Genèse 36, mais simplement me contenter de remarquer plusieurs choses.

Tout d’abord, cette généalogie intervient à un moment crucial du livre de la Genèse. À la fin du chapitre 35, Jacob et Esaü ont enterré leur père Isaac. Avec la mort de ce dernier, une partie du livre se termine. L’histoire des premiers patriarches se clôt : Abraham, Isaac et Jacob. Si ce dernier est encore en vie, il ne sera pas en tête d’affiche dans le reste de Genèse. Cette place sera réservée à Joseph.

Ensuite, une phrase revient, comme un slogan : Esaü, c’est Edom. Au verset 8, ces quelques mots sont placés après une première partie rapportant le départ d’Esaü et son installation dans la montagne de Séir. Au verset 19, ces mots sont introduits pour clore deux listes généalogiques, la première qui parle des fils d’Esaü et la deuxième qui donne à ces mêmes descendants le nom de chefs. Les fils d’Esaü sont devenus les chefs d’Edom. Au verset 30, nous trouvons une liste des chefs du pays de Séir quand Esaü s’y installa. Au verset 43, nous avons la mention finale « C’est là Ésaü, ancêtre d’Édom » après la liste finale des rois du pays d’Edom.

Enfin, deux noms sautent aux yeux : Oholibama, l’une des épouses d’Esaü et Timna, l’une des concubines d’Eliphaz, fils d’Esaü. Leur point commun ? Elles font toutes les deux partie de la famille de Séir, l’une des principales familles du pays.

Un royaume fait de mains d’Hommes

Que nous dit cette généalogie ? Que nous disent ces diverses listes de noms interminables ? Le chapitre commence avec un homme, Esaü et se termine avec une succession de rois, les rois d’Edom. Conclusion ? Esaü a réussi à se créer un royaume. Il a quitté la terre de Canaan, parce que « le pays où ils avaient séjourné était insuffisant à cause de leur cheptel » (36.7). Cela aurait déjà dû être un signal d’alarme : la dernière fois que, dans ces mots, une séparation s’est produite, Lot s’est installé dans la vallée de Sodome et Gomorrhe… avec les conséquences que nous connaissons !

Esaü se construit un royaume en quittant la terre promise. Abandon total d’une promesse qui, puisqu’elle ne portait pas d’abord son nom, est totalement rejetée. Notez que Dieu ne le met pas à la porte de la terre promise. C’est Esaü qui trace sa propre voie ! Et comment le fait-il ? En forgeant des alliances de mariage. Il prend possession de Séir par intermariage – qui, en passant, sera une pratique que Dieu interdira à Israël. Après quelques générations, le pays n’est plus celui de Séir le Horien, mais des Edomites.

Son dénigrement du droit d’aînesse le conduit directement à dénigrer la promesse… et donc à se détourner du Dieu d’Abraham et d’Isaac, à tourner le dos au Dieu de la promesse !

En faisant cela, Esaü est une figure en total contraste avec Joseph. Esaü fait confiance à l’œuvre de ses mains, Joseph fait confiance à la providence divine. Esaü oublie la terre promise, quand Joseph n’oublie jamais, demandant que ses os soient ramenés et enterrés en terre de Canaan. Esaü utilise ses propres fils pour arriver à ses fins, Joseph refuse toute compromission. Esaü rejette Dieu, Joseph est serviteur de Dieu. L’opposition est bien entre Esaü et Joseph.

La généalogie d’Esaü introduit le contraste entre deux grandes figures symbolisant l’une, le rejet de Dieu, et l’autre, l’obéissance à Dieu

Le roi du vrai peuple

La généalogie d’Esaü introduit le contraste entre deux grandes figures symbolisant l’une, le rejet de Dieu, et l’autre, l’obéissance à Dieu. Rejeter ou suivre le Dieu de l’alliance, voilà le contraste que Genèse 36 accentue. Faut-il s’arrêter avec Joseph ? Ce serait regrettable. De Joseph à Christ, il n’y a qu’un pas. Ce serait un pas facile. « Un peu rapide », vous allez me répondre, et vous aurez raison. Rapide ne veut pas dire faux ! Faisons quand même attention de ne pas brûler les étapes.

Pourquoi voir un contraste entre un royaume fait de main d’Hommes, celui d’Esaü, et le royaume de Jésus ?

Premièrement, le Christ vient accomplir entièrement la promesse du royaume. Il est le roi dont la terre promise n’était qu’une préfiguration partielle. Joseph, en gardant devant les yeux le pays de la promesse est une figure du Christ qui en prendra possession, lui qui proclamera que dans sa personne le royaume s’est approché.

Deuxièmement, le royaume que Jésus offre nous donne gratuitement et avec certitude ce que tout royaume humain promet à ses citoyens : la sécurité, la paix, et le repos. Jésus nous donne le royaume sabbatique, ce dont même le royaume de Salomon n’était qu’une ombre.

« Je me suis créé un royaume ! » C’est le cri d’Esaü qui fait écho dans cette généalogie. Si vous rejetez cette proclamation d’indépendance de l’Homme, entendez alors la proclamation de Jésus : « Le règne de Dieu est tout proche de vous. » (Lc 10.9)

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