L’objectif du mentorat spirituel « Les 5 réservoirs » 2ème partie

by moise_theodor on Pixaybay

Je recommande, pour une bonne compréhension, d’aborder ce chapitre après la lecture de la première partie.

Maintenir un bon niveau de remplissage

Tous ceux qui portent des responsabilités dans la mission de Dieu, connaissent des moments difficiles. La Bible fournit une multitude d’exemples d’Abraham à Pierre. Le problème est contemporain, lisez à ce propos l’article édifiant de Madame Lucie Bardiau-Huys [1], sur les raisons d’abandon du ministère.

La difficulté est d’abord de rester vigilant en permanence pour conserver l’équilibre. Ensuite il est indispensable de cerner l’origine du, ou des, problèmes qui sont source de souffrances, de combats, de tensions récurrentes. Le rôle du mentor est de faciliter ce discernement, et d’encourager son protégé à surveiller le « niveau ses réservoirs », en posant, par exemple, régulièrement les bonnes questions.

Physique ?

S’il s’agit d’une fatigue passagère, le conseil sera de prendre, un week-end, voire quelques jours de vacances…

Spirituel ?

Si le déficit est spirituel, un temps de retraite, de solitude avec Dieu sera réparateur…

Relationnel ?

Si le protégé est exposé à des tensions relationnelles, il sera pertinent de déterminer s’il s’agit de tensions occasionnelles ou qui perdurent, avec tous les risques d’épuisement que cela comporte. Ou s’il manque d’amis véritables…

Il faut être réaliste : malheureusement beaucoup de ceux qui portent des responsabilités ont un ou plusieurs réservoirs déficitaires !

On admet que :

  • 80% des serviteurs se sentent découragés,
  • 70% n’étudient la parole de Dieu que pour préparer leurs messages
  • 45% arrêtent leur ministère durant un temps à cause du « burn out »…

Ainsi le rôle crucial du mentor est d’encourager et d’accompagner son protégé à veiller à son équilibre holistique.

Quand le réservoir principal se vide, attention

C’est ce qu’il faut à tout prix éviter. Quand le réservoir principal se vide, il ne se remplit plus aussi rapidement et aussifacilement que les cinq autres. Une semaine de vacances… un week-end seul avec son épouse… une retraite spirituelle de quelques jours… ne suffisent plus ! Cettesituationoffre un terrain propice au « burnnout ».

Je vous conseille la lecture d’un article : Autopsy of a burned out pastor: 13 lessons[2].

J’ai connu cette situation. Durant l’été 1997, après trois semaines de vacances, j’étais incapable de faire face aux obligations de mon ministère d’évangéliste. Incapable d’expliquer ce que je vivais. Avais-je perdu mon ministère, mes dons ? Avais-je perdu mon amour, mon zèle pour Dieu, mon désir d’être disciple ?  J’avais en tout cas perdu le contrôle de la situation. C’est un médecin chrétien, ancien missionnaire qui, lors d’un entretien, a compris que mon « réservoir principal » était vide.

« Alain, je ne pense pas que tu aies de problème particulier, ni spirituel, ni dans un autre domaine, mais je pense que tu as oublié que près de 20 ans d’épreuve [3] t’ont épuisé émotionnellement. Personne ne peut dire avec certitude quelles sont les raisons d’un « burnout », mais je ne serais pas surpris si tu craquais complètement dans les prochains temps. Je ne vois qu’une seule solution pour toi : tu dois prendre trois mois de repos ![4]»

Quelle épreuve : prendre trois mois de recul alors qu’on a : une femme hospitalisée, une fille, la responsabilité d’une radio locale, deux stagiaires IBG, une collaboratrice… et encore d’autres engagements. Vidanger son agenda pour 3 trois mois, quelle gageure !

Je suis parti en vacances, pour plusieurs semaines, à deux reprises. J’ai entrepris de relire ma Bible en trois mois, de lire d’excellents livres, d’être chez des amis, de faire de la moto… Cette mise à l’écart a été difficilement supportable, en particulier au début. Mais Dieu m’a visité spirituellement et m’a profondément renouvelé.

Durant le dernier mois de repos, j’ai été informé, par les médecins, du décès imminent de mon épouse. Celui-ci n’est survenu que trois mois plus tard.

Mais le Seigneur m’avait renouvelé et réarmé. En particulier pour faire face à cette période éprouvante durant laquelle j’ai pu accompagner mon épouse dans ses derniers moments.

 

Les signes précurseurs ?

Mon propos n’est ni de décrire, ni de proposer un dépistage de l’épuisement dans le ministère. Je relève juste quelques éléments. Une motivation disparue… un «engourdissement» général… peuvent être des signes précurseurs quand ils sont associés au sentiment que les « gens vous pompent »… que de petites choses peuvent vous mettre en colère de façon disproportionnée. Vous devenez cynique ? Votre productivité est en baisse ? Vous riez de moins en moins ? Vous dormez mal ? Vous vous auto-médicamentez ? Vous n’arrivez plus à lire votre Bible, à être renouvelé… Autant de signes, parmi d’autres, pour vous inviter à vous interroger sur le niveau de votre « réservoir principal ».

 

Questions

Comment vivez-vous vos responsabilités dans le service de Dieu ?

Honnêtement : à quel niveau situez-vous le niveau de votre « réservoir principal » ?

Avez-vous parlé à votre mentor de votre surcharge, de votre fatigue, surtout si elles sont chroniques ?

N’hésitez pas, si vous êtes en difficulté, à vous tourner vers une personne compétente qui vous aidera à établir un vrai bilan. Comme je l’ai fait. J’ai été préservé de bien plus grave grâce l’aide de cet ami médecin.

Si vous êtes en souffrance, vous trouverez une aide pertinente auprès du RESAM le réseau de soutien aux ministères [5]

 


[1] https://www.publicroire.com/cahiers-ecole-pastorale/ministere-pastoral/article/quitter-ou-non-le-ministere consulté le 17/12/2018

[2] https://thomrainer.com/2014/06/autopsy-burned-pastor-13-lessons/ Consulté le 18 décembre 2018

[3] Mon épouse, atteinte de SEP depuis près de 20 ans, était hospitalisée depuis près de 10 ans. Elle allait décéder en avril 1998.

[4] Ce frère m’a avoué plus tard qu’il pensait qu’il m’aurait fallu plutôt 6 mois que 3. Convaincu que je n’accepterai pas, il a limité sa proposition à 3 mois, en demandant à Dieu, m’a-t-il dit, de me toucher dans ce temps !

[5] https://www.resam.fr consulte le 18 décembre 2018

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