Les dix commandements du dieu du consumérisme

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J’ai une petite entreprise. Je cherche à maintenir Dieu à la première place dans tous les domaines de ma vie, mais parfois il me semble que le seul but des affaires soit de gagner toujours plus d’argent. Pourtant je désire plus que cela. Comment puis-je envisager mon travail de manière à garder le cap fixé sur Dieu ?

Les chrétiens appelés à servir Jésus dans les affaires ont la tâche incroyable – et incroyablement difficile — de faire voir Dieu dans cette sphère de la vie publique. Une façon puissante de le faire est de garder l’argent à sa juste place. Vous avez raison de considérer cela comme un problème et de chercher à renouveler votre pensée en ce qui concerne une des plus puissantes idoles d’aujourd’hui.

Personne parmi nous n’est un converti conscient à cette religion du consumérisme. Nous avons été formatés dans celle-ci depuis l’enfance. Elle offre une histoire qui cherche à rivaliser avec l’histoire biblique. Dans l’histoire du consommateur, la création existe pour notre amusement et notre satisfaction. Le problème permanent n’est pas le péché, mais le manque. Nous n’avons pas assez – pas assez d’argent, pas assez d’instruments, pas assez d’expériences, pas assez de distractions. Ce dieu culturel nous a tous invités à venir et à lui sacrifier, nous promettant en échange la prospérité matérielle, le confort et la sécurité. Et cette « histoire du salut » a profondément façonné le milieu professionnel dans le monde d’aujourd’hui.

Pour nous amener à penser concrètement à la façon dont nous pouvons honorer Christ dans ce contexte, imaginons les Dix Commandements que le dieu du consumérisme pourrait donner à un propriétaire d’entreprise – et à la façon dont les priorités du royaume nous réorientent.

1. Je suis le dieu du consumérisme. Sers-moi et je t’apporterai le profit que ton cœur désire.

Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent (Matt. 6:24). Le profit est une bénédiction du Seigneur qui devrait venir comme le résultat de bonnes affaires. Dans l’économie de Dieu, de bonnes affaires consistent à cultiver les bénédictions de son monde pour aimer votre prochain.

2. Faites la promotion de vos produits et de vos services comme étant la chose même qui apporte la plénitude, la satisfaction suprême et une vraie identité.

Tandis que vous créez et mettez en vente vos produits, demandez-vous si vous n’êtes pas en train de perpétuer le mensonge selon lequel les biens matériels vont apporter le salut sous la forme du statut social, de la sécurité ou du confort (Rom. 1:25).

3. Fais usage de mon nom de la façon que tu veux. Souviens-toi que j’existe pour te servir aussi longtemps que tu continues à me servir.

Le dieu du consumérisme nous donne l’illusion de la puissance a peu de coûts pour nous-mêmes. Le vrai Dieu nous appelle à mettre toutes choses à ses pieds, ce qui inclut nos objectifs en affaires et nos méthodes. Nous devons constamment nous repentir des voies dans lesquelles nous avons mal représenté son nom avec nos pratiques (Matt. 16:24–26).

4. La technologie vous a accordé la possibilité de travailler vingt quatre heures sur vingt quatre, abattant des heures sept jours (et nuits) par semaine. Tirez profit de cela pour être en tête de la concurrence.

Dans un monde épuisé et ravagé par un manque de repos, nous sommes appelés à faire usage de notre puissance vocationnelle pour protéger le repos du sabbat pour toute personne, animal et parcelle de terrain confiés à nos soins. Dans la mesure où nous honorons le rythme des jours et des nuits, les frontières qui séparent la famille et la vie professionnelle et le repos de sabbat hebdomadaire en Christ, nous faisons voir une réalité contre-culturelle : le travail n’est pas le but ultime de la vie (Ex. 20:8–11).

5. Les principes d’intégrité qu’ont enseignés vos parents sont bons, mais vous devez honorer la nouvelle manière dont se font les choses.

Nous avons besoin d’écouter attentivement la sagesse de la génération qui nous a précédés et prêter attention à ses critiques. Parfois, elle peut voir les idoles de notre temps bien mieux que nous ne le pouvons (Prov. 13:1).

6. Un peu de calomnie sur vos concurrents ou de substances addictives dans vos produits aident à assurer le succès.

Le péché apporte la mort, qu’il s’agisse de commérages qui tuent une réputation ou de l’alimentation des appétits malsains de notre époque. Nous sommes appelés à honorer la dignité porteuse de l’image de Dieu de nos concurrents, de nos employés et de nos clients (Jacques 3:10).

7. Le sexe fait vendre. La publicité qui montre un peu de peau nue attire les gens à l’intérieur. Et flirter ou faire des plaisanteries à connotations sexuelles au bureau, tout cela apporte une bonne ambiance.

Nous sommes dans une culture qui est saturée d’images et de références sexuelles. Plus encore, une dynamique sexualisée homme-femme dans les lieux de travail est devenue une norme dévastatrice. L’amour ne se réjouit pas de l’injustice mais il l’honore et protège la justice (1 Cor. 13:5–7).

8. Ne vous souciez pas de bons salaires pour vos travailleurs qui se trouvent dans des pays éloignés. Faites seulement confiance à la façon de faire de l’économie globalisée.

L’Écriture appelle constamment le peuple de Dieu à prendre soin des pauvres. Une façon essentielle de faire cela est de s’assurer du fait qu’ils reçoivent des salaires adéquats et qu’on ne les exploite pas. Il existe une inégalité incroyable dans notre chaîne globale de production et d’approvisionnement. Il est facile de laisser les cris qui demandent justice se noyer dans les mers qui nous séparent des pauvres. Mais l’Écriture exige que nous recherchions une meilleure voie dans nos affaires. (Deut. 24:14–15; Jacques 5:4).

9. Truquer les chiffres et cacher les aspects les moins attractifs de votre entreprise est une nécessité dans le monde présent. Les pieux mensonges sont inoffensifs.

Une honnêteté complète et l’intégrité révèlent un Dieu qui est fiable et pur. La transparence dans vos comptes et dans votre utilisation de matériaux sont un grand moyen pour être digne de rendre des comptes (Prov. 12:22).

10. Capitalisez sur l’insatisfaction répandue dans notre société. Assurez-vous que vos produits seront obsolètes en peu d’années. Travaillez à ce que vos clients soupirent après le modèle le plus récent, la prochaine expérience, la nouvelle idée. Convoitez le succès des autres et motivez vos employés avec ce même esprit de compétition extrême.

Honorez l’intégrité et la beauté de la création de Dieu dans les produits et les services que vous fournissez. Dieu ne fabrique pas des ordures et nous ne devrions pas non plus le faire. Que votre travail serve à satisfaire de vrais besoins plutôt qu’à en inventer de nouveaux. Et imitez le contentement en Christ tandis que vous faites croître votre entreprise pour sa gloire.

Cette sorte d’entreprise va demander une réponse. Tandis que vos employés et vos clients vont goûter et voir que le Seigneur est bon au travers de votre direction, ils vont désirer en apprendre davantage sur cette histoire de l’autre monde qui a façonné votre entreprise. Cette approche des choses lance une invitation, permettant à tous de venir et de voir à quoi Dieu est semblable. À la fin, l’entreprise peut attirer les personnes dans la vie du Royaume, leur ouvrant une porte pour qu’ils se joignent au peuple de Dieu, rassemblé pour étudier sa Parole et la vivre dans leurs appels variés.

Note de l’éditeur :

La rubrique de TGC “Thorns & Thistles” (Épines et chardons) cherche à appliquer la sagesse par des conseils pratiques en ce qui concerne la foi, le travail et l’économie. Si vous avez une question au sujet de la façon de penser et de pratiquer votre travail d’une manière qui honore Dieu, faites-la nous connaître à [email protected].

Traduit de : The Ten Commandments of the God of Consumerism

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