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La chute de l’Afghanistan semble imminente, les forces talibanes reprennent le contrôle total du pays qu’elles avaient perdu il y a deux décennies. Même si nous ne savons pas avec certitude ce que l’avenir nous réserve, ce dont nous pouvons être certains c’est que les chrétiens afghans seront confrontés à un grave danger dans les jours à venir.

Même avec la présence de la force internationale d’assistance à la sécurité, l’Afghanistan a été classée par Portes Ouvertes comme « une société où il n’y a pas de place pour les chrétiens ».

« S’ils sont découverts, même par leur famille, les chrétiens risquent la mort car avoir un chrétien dans la famille est un déshonneur. Ils doivent donc cacher leur foi et être très prudents car tout changement de comportement sera remarqué dans cette société conservatrice organisée en clans et en tribus. Ils souffrent de l’hostilité des islamistes à leur égard et de la violence qui règne dans le pays. »

Comme le souligne Portes Ouvertes, les chrétiens doivent soit fuir le pays, soit être tués. « Comment nous survivons au quotidien, seul Dieu le sait », déclare un croyant afghan secret. « Il le sait parce qu’il a bien voulu demeurer avec nous. Mais nous sommes fatigués de toute cette mort qui nous entoure. »

Alors que les troupes américaines quittent rapidement le pays, les disciples du Christ en Afghanistan seront encore plus exposés à la persécution. Les filles et les femmes souffriront également, tout comme ceux qui ont aidé les forces occidentales au cours des vingt dernières années. Nous devons prier assidûment pour ces populations vulnérables et demander à Dieu de les protéger des souffrances à venir.

Mais il y a un autre groupe pour lequel Jésus nous dit que nous devons prier : les talibans.

« Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu détesteras ton ennemi.Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,afin d’être les fils de votre Père céleste. » (Matthieu 5:43-45).

Prier pour les talibans n’est pas quelque chose que nous choisirions. C’est ce que Jésus nous a ordonné.

Lorsque Jésus a donné le commandement d’aimer et de prier pour nos ennemis, il savait qu’il nous faudrait un jour prier pour les groupes extrémistes islamiques, comme les talibans, qui assassinent son Épouse. Prier pour les talibans n’est pas quelque chose que nous choisirions. C’est ce que Jésus nous a ordonné.

Voici trois manières de prier pour ceux qui veulent assassiner nos frères et sœurs afghans :

Priez pour la conversion des talibans.

Il y a deux raisons principales pour lesquelles nous ne prions pas pour la conversion des extrémistes islamiques comme les talibans. La première est que nous croyons qu’il est absurde de penser qu’ils deviendront des disciples du Christ. La seconde est que nous craignons qu’ils ne se convertissent réellement.

La première raison est la plus courante, car prier pour que les extrémistes se convertissent semble être une requête inutile. Nous reconnaissons la vérité théologique selon laquelle Dieu peut faire pour eux ce qu’il a fait pour nous : offrir le don de la grâce pour qu’ils soient sauvés (Eph. 2:8). Mais nous considérons la situation de manière « réaliste » et nous nous disons que la probabilité de leur conversion authentique est si proche de zéro que ce serait une perte de temps – à la fois pour nous et pour Dieu – que de prendre la peine de demander.

Il ne fait aucun doute que de telles conversions sont improbables et rares. Mais nous devrions tout de même prier pour leur conversion. Si nous aimons vraiment notre ennemi, comment ne pourrions-nous pas au moins demander à Dieu de changer son cœur ?

Une autre raison, moins fréquente, pour laquelle nous ne prions pas pour leur conversion est que nous craignons qu’ils se repentent réellement. Comme Jonas dans le pays de Ninive, nous voulons que nos ennemis reçoivent leur juste rétribution, et non la miséricorde et le pardon.

Par exemple, pendant la Seconde Guerre mondiale, il y avait probablement de nombreux chrétiens qui suivaient consciencieusement l’ordre de Jésus et priaient pour les nazis. Mais qu’auraient ressenti ces guerriers de la prière s’ils avaient découvert qu’Hitler, dans les moments précédant sa mort, s’était vraiment repenti de ses péchés et avait été pardonné par Dieu ? Beaucoup se seraient sentis trompés, comme cela était injuste de la part de Dieu que de pardonner des crimes aussi horribles. Ils auraient sans doute voulu se plaindre, comme Jonas lorsque Dieu a épargné les Ninivites : « Car je savais que tu es un Dieu plein de grâce et de compassion, lent à te mettre en colère et riche en amour, et que tu renonces volontiers à faire venir le malheur que tu as annoncé. » (Jonas4:2) ?

Mais c’est précisément parce qu’il est un Dieu de grâce que nous devons prier pour la conversion de nos ennemis. Comment pourrions-nous faire autrement que de demander à Dieu de montrer à nos ennemis la même grâce qu’il nous a montrée, lorsque nous étions ses ennemis ?

Prions pour que les talibans soient empêchés de faire le mal.

Il n’y a pas de choix à faire entre le fait de prier pour le bien de nos ennemis ou prier pour qu’ils s’abstiennent de faire le mal. C’est pour le bien des persécuteurs talibans et des chrétiens persécutés qu’on les empêche de commettre davantage de mal. Pour ceux qui ont endurci leur cœur contre Dieu, il vaudrait mieux que leur vie soit écourtée plutôt qu’ils continuent à persécuter ses enfants.

Au cours des vingt dernières années, la protection des innocents a exigé que les gouvernements humains entreprennent une action militaire pour empêcher les talibans de persécuter les hommes, les femmes et les enfants d’Afghanistan. Nous avons eu raison de soutenir le juste usage de la force pour contenir un tel mal, et nous devrions prier pour que Dieu fournisse à nouveau une telle force. Cependant, nous devons être prudents quant aux motifs de notre demande. Si la mort des forces talibanes est peut-être le seul moyen efficace de limiter la mort et la souffrance qu’elles causent, nous ne devons pas nous réjouir de leur souffrance ou de leur mort (Prov. 24:17).

Priez pour que les talibans reçoivent la justice divine.

Tout comme nous demandons aux autorités gouvernementales dûment établies de rendre la justice terrestre, nous pouvons demander à notre Dieu saint de rendre la justice divine. Comme le dit John N. Day, « Si l’amour et la bénédiction caractérisent l’éthique des croyants des deux Testaments, la malédiction et l’appel à la vengeance divine sont leur éthique extrême et peuvent être exprimés dans des circonstances extrêmes, contre des pécheurs endurcis, trompeurs, violents, immoraux et injustes ».

En demandant que la justice divine soit rendue, nous devons faire attention à nos motivations. Prier pour la justice divine peut être un moyen de contourner notre devoir d’aimer notre ennemi. Si nous devons laisser la vengeance à Dieu, nous ne devons pas oublier ce qui nous est commandé. Comme l’écrit Paul dans Romains 12:19-21 :

Bien-aimés, Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu, car il est écrit: C’est à moi qu’appartient la vengeance, c’est moi qui donnerai à chacun ce qu’il mérite, dit le Seigneur. Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger, s’il a soif, donne-lui à boire, car en agissant ainsi, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête.
Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien.

Dans l’ordre de nos prières, la demande de justice divine devrait être incluse comme l’option de « dernier recours », un plaidoyer pour faire ce qui est nécessaire pour ceux qui ne veulent ni se tourner vers Dieu ni se détourner du mal.

En tant qu’anciens ennemis de Dieu, nous devrions être remplis de grâce et reconnaissants d’être autorisés à prier pour nos ennemis, en sachant que Jésus entendra nos supplications. Nous devrions être suffisamment reconnaissants de la grâce de Dieu pour souhaiter que même les talibans bénéficient de sa miséricorde. Mais s’ils refusent et endurcissent leur cœur contre celui qui les épargnerait, alors nous devons demander qu’ils reçoivent le châtiment divin dû à toute personne n’ayant pas la justice du Christ.

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