J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre et je tenais à vous le recommander. Tout au long de ma marche chrétienne, j’ai été confrontée à la tension entre la prospérité matérielle et la foi. J’aurais aimé, à bien des moments, avoir un ouvrage comme celui-ci entre les mains.
Voici les raisons pour lesquelles ce livre est, selon moi, une lecture essentielle :

1. Un outil pour comprendre les versets dans leur contexte
Je me souviens de la première fois où j’ai été exposée à une version de « l’évangile de prospérité ». C’était lors d’une rencontre étudiante. Une amie affirmait que la maladie était incompatible avec la vie chrétienne. Issue d’un arrière-plan réformé, cette déclaration m’avait immédiatement interpellée. Elle s’appuyait sur Ésaïe 53:5 : « Par ses meurtrissures nous sommes guéris », ainsi que sur certaines proclamations de Jésus dans l’évangile de Luc.
J’aurais aimé, à ce moment-là, savoir comment bien interpréter ces textes — et découvrir la magnifique explication que propose 1 Pierre 2:24. Les versets détournés pour soutenir ces doctrines sont souvent les mêmes (Phil 4:13 ; Deut 28:1, 11-12 ; Pr 18:21). Ce livre prend le temps d’examiner chacun de ces passages en profondeur pour nous aider à comprendre la pensée de Dieu concernant la santé, la richesse et la sécurité.
2. Apprendre à reconnaître les églises de la prospérité
Il peut être particulièrement difficile de repérer une église qui prêche cette théologie, surtout lorsqu’on débute dans la foi. Plusieurs facteurs l’expliquent : les prédicateurs utilisent abondamment la Bible, l’atmosphère est empreinte d’une ferveur et d’une piété attrayantes, et l’accueil y est généralement très chaleureux.
Sean DeMars, l’un des auteurs, a lui-même découvert la foi dans ce contexte. L’ouvrage explore les thèmes propres à ce courant et montre en quoi ils s’éloignent du véritable Évangile. À l’aide d’exemples concrets, les auteurs nous offrent des repères pratiques pour évaluer si une communauté proclame réellement le message biblique ou s’il s’agit d’un message centré sur le matériel.
3. Identifier nos propres biais
Un des mensonges de la théologie de la prospérité : l’idée que Dieu nous doit quelque chose en échange de notre fidélité.
Même si nous ne fréquentons pas ces églises, nous ne sommes pas à l’abri d’en adopter inconsciemment certaines idées. Je l’ai découvert à mes dépens à la fin de mes études. Je ressentais une profonde frustration envers Dieu : j’avais le sentiment qu’Il m’avait oubliée. Mes efforts — mon assiduité, mon intégrité académique et mon obéissance à Ses standards de pureté — ne semblaient pas « récompensés » à leur juste valeur. « Si Dieu est bon », me disais-je, « pourquoi ma vie professionnelle et sentimentale est-elle si difficile ? »
Avec le recul, j’ai compris que cette déception découlait d’une adhésion invisible à l’un des mensonges de la prospérité : l’idée que Dieu nous doit quelque chose en échange de notre fidélité. Ma partie préférée du livre est cet appel à une introspection sincère pour examiner nos cœurs à la lumière de la véritable foi.
4. Interagir avec nos proches aveuglés par cette doctrine
Cet évangile est devenu si viral qu’il est presque impossible de ne pas croiser des proches qui en véhiculent les idées. Comment entretenir des relations justes et aimantes avec une amie qui doute de sa foi parce qu’elle traverse une épreuve ? Comment collaborer avec des chrétiens issus de ces milieux ? Mike McKinley et Sean DeMars, tous deux pasteurs, apportent des réponses claires et équilibrées à ces questions relationnelles.
Conclusion
Le style de cet ouvrage est accessible, empreint d’amour et riche d’exemples vécus. J’aurais simplement aimé que les auteurs abordent également la question de l’autorité dans l’Église — un sujet central, d’après mon expérience, dans les communautés de prospérité, notamment en contexte africain.
C’est un livre que j’aurais voulu lire plus tôt, et que je vous encourage vivement à découvrir.

